Publié le Mercredi 13 septembre 2023 à 08h41.

Face à l’autoritarisme répressif, regroupons nos forces

La première moitié de 2023 a été marquée par une succession de mobilisations sociales et populaires. Incapable d’y répondre politiquement et de construire le moindre consensus autour de ses contre-réformes, le gouvernement a eu recours aux violences de la répression policière et judiciaire.

 

De la répression des manifestantEs opposéEs à la contre-réforme des retraites, opposéEs aux méga­bassines et autres grands projets inutiles, à celle des jeunes révoltéEs contre les discriminations et le racisme systémique dans les quartiers populaires : blesser, mutiler, interpeller, criminaliser et condamner sont les ultimes arguments d’un pouvoir ­discrédité et rejeté.

Cela devient la modalité d’exercice du pouvoir politique et patronal en cette rentrée, sans même passer par des modifications des lois. Il suffit de « simples consignes ministérielles » transmises par des notes de services, comme celle interdisant le port de l’abaya dans l’Éducation nationale, appuyée par une « circulaire relative aux infractions commises en milieu scolaire » de Dupond-Moretti aux procureurs. Sans oublier un télégramme de Darmanin aux préfets pour activer l’expulsion des délinquants et leurs familles locataires en HLM !

Normalisation de la répression

Ces textes ne sont pas de simples postures nauséabondes pour chasser sur les terres de la droite extrême. Ils créent une normalisation de la répression et une incitation au passage à l’acte pour « hauts fonctionnaires zélés ». « Nous vous demandons de mobiliser tous les outils prévus par la loi pour expulser les délinquants des logements sociaux qu’ils occupent », écrivent le ministre de l’Intérieur et la secrétaire d’État chargée de la Ville, Sabrina Agresti-Roubache, dans cette note du mercredi 30 août. « Vous emploierez les différents outils à votre disposition, en fonction des situations particulières que vous pouvez connaître, en lien avec les bailleurs, les collectivités locales et l’autorité judiciaire ».

Après la sortie glaçante de Macron : « Faut pas se tromper, nous vivons dans notre société aussi — avec une minorité mais quand même — de gens qui, détournant une religion, viennent défier la République et la laïcité, et pardon, mais ça a parfois donné le pire. On ne peut pas faire comme s’il n’y avait pas eu l’attaque terroriste et l’assassinat de Samuel Paty dans notre pays, et ça s’est fait… », c’est son ministre de la Justice qui a pris le relais. « La rentrée scolaire est l’occasion pour moi d’insister sur l’importance des relations qui existent entre l’Éducation nationale et l’autorité judiciaire et d’inviter les procureurs généraux et procureurs de la République à soutenir et accompagner [...] les représentants de l’Éducation nationale » en explicitant « l’enjeu partagé que constitue la préservation de l’espace scolaire, qui doit demeurer un sanctuaire républicain, contre toute forme de violence ou toute infraction en lien avec la radicalisation violente ou le séparatisme face auxquelles j’attends une réponse pénale ferme, rapide et systématique ».

Criminalisation des militantEs

Quant à la politique du « dialogue social » vis-à-vis des organisations syndicales, elle consiste à convoquer les militantEs dans les commissariats et tribunaux. Pas moins de 400 militantEs de la CGT sont sous le coup de poursuites judiciaires suite aux mobilisations pour défendre les retraites. Et ce sont plus de 1 000 militantEs qui subissent dans les entreprises publiques et privées des poursuites disciplinaires et des procédures de licenciement.

Terroriser, isoler, punir, sont les moyens déployés par le patronat et le gouvernement pour tenter de juguler la colère et son expression dans la rue et par la grève. Leur acharnement et leur détermination n’auront d’autres limites que nos capacités à nous unir et nous organiser. Sur les lieux de travail et d’études, dans les quartiers populaires, regroupons-nous, renforçons les organisations syndicales et associatives de lutte pour décider par et pour nous-mêmes. Emparons-nous de la question politique, pour ne pas laisser l’extrême droite devenir le réceptacle de la colère. La reconstruction d’une force politique des exploitéEs et des oppriméEs pour en finir avec un système destructeur est une urgence absolue.