Publié le Mercredi 22 novembre 2023 à 09h38.

Ici comme ailleurs La lutte contre les violences faites aux femmes, c’est toute l’année !

En France, les violences n’épargnent pas les femmes. Dans la famille, au travail, à l’école, dans les transports ou dans les espaces publics, en politique, chez le médecin… Les violences sexistes et sexuelles ne sont pas des faits isolés. Elles agissent à échelle de masse, commises par des hommes, prenant racine et entretenant le système patriarcal et capitaliste.

 

Nous ne voulons plus compter nos mortes !

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En France, 94 000 femmes subissent des viols ou tentatives de viol chaque année, dont 8 000 sur leur lieu de travail. En 2023, c’est 244 000 femmes victimes de violences conjugales. Les femmes en situation de handicap sont davantage exposées aux violences : une sur cinq a été victime de viol. Les violences surviennent dès l’enfance : chaque année en France, 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles, en majorité au sein de la famille. Depuis le début de l’année 2023, 120 femmes ont été tuées en raison de leur genre et on compte 850 féminicides depuis le début du premier quinquennat d’Emmanuel Macron. Nous ne voulons plus compter nos mortes !

Alors que la lutte contre les violences faites aux femmes devrait être une priorité, le gouvernement Macron n’en finit plus d’être misogyne, en refusant de caractériser le viol par l’absence de consentement. La Commission européenne proposait cette définition dans un de ses projets pour harmoniser les législations entre les pays membres. La France a refusé ! En outre, les associations luttant contre les violences sont trop souvent menacées. Le Planning familial de l’Hérault craint de devoir fermer à cause de difficultés financières ; l’association MaMaMa soutenant les femmes victimes de violences, précaires ou isolées, est menacée d’expulsion.

De plus, les attaques antisociales du gouvernement Macron renforcent les violences. L’augmentation de la précarité, à cause de l’inflation, des réformes des retraites et de l’assurance chômage, accroit la difficulté de sortir d’une relation de violence, en raison de la dépendance financière subie par de trop nombreuses femmes.

Culture du viol

Malgré la puissance du mouvement féministe et la lumière faite sur les récits de violence, notamment grâce au mouvement #MeToo, l’omerta et l’impunité persistent. Prenons l’exemple de la récente affaire Stéphane Plaza, animateur de la chaîne M6 accusé de violences conjugales par trois de ses ex-compagnes. Malgré les témoignages, il demeure soutenu par la chaîne qui refuse de déprogrammer une soirée en son honneur. C’est la culture du viol dans toute sa splendeur. Plaza, Quatennens, Darmanin, Bedos, Cantat, Poivre-d’Arvor, Polanski… nous continuons de valider, voire de célébrer ceux qui blessent, humilient, violent, frappent, mutilent ou tuent.

La culture du viol s’exprime partout. Dans les films, les livres, la rue, la publicité, les soirées… Les jeunes femmes la subissent de manière spécifique, alors que plus d’un quart des jeunes hommes considèrent que lorsqu’une femme dit « non », cela veut dire « oui ». Dans l’enseignement supérieur, six étudiantes sur dix déclarent avoir été victimes ou témoins d’une violence, allant de l’outrage sexiste au viol. Deux ans après le mouvement massif des étudiantes autour de #SciencesPorcs, pour dénoncer les violences sexistes et sexuelles dans l’enseignement supérieur, les étudiantes de Science-Po se sont de nouveau mobilisées en ce début d’année. À Science-Po Paris, elles ont notamment organisé le blocage de l’établissement pour dire stop à l’omerta, déployant une banderole « Agresseurs protégés, victimes délaissées, Science-Po paradis de l’impunité ».

La lutte pour les droits des femmes n’est manifestement pas finie ni ici ni ailleurs. Alors toutes ensemble et toute l’année, luttons contre les violences faites aux femmes ! Avec le renouveau des luttes féministes à l’échelle internationale, l’intégration de nombreuses préoccupations liées aux situations différentes de chacunE d’entre nous et la détermination d’une nouvelle génération, nous pouvons espérer faire trembler le capitalisme et le patriarcat ! Nous sommes fortes, fières, radicales et en colère, uniEs nous changerons la société !